Les BLE consultés au sujet d'ULCOS
Dans le cadre de la préparation de son projet ULCOS (Ultra Low Carbon Dioxyde Steelmaking) qui prévoit le captage, le transport et le stockage de CO2 du site de Hayange-Florange (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2009/12/10/pour-le-captage-du-co2-a-florange/), ArcelorMittal a missionné un cabinet d'expertise et de conseil afin de réaliser une étude de contexte et de recueillir l'opinion, les perceptions et les attentes des différents acteurs politiques et économiques concernés par ce projet. C'est dans ce cadre que le Groupe BLE, par l'intermédiaire de son Président, a dernièrement été sollicité pour réaliser un entretien. Les questions ont essentiellement porté sur la définition des enjeux (économiques, industrielles, sociaux et environnementaux) et des risques liés à la mise en place de ce projet.
Voir la lettre d'ArcelorMittal :
Lettre Arcelor Mittal.
Voir le rapport et les conclusions de l'enquête :
Conclusion Enquête ULCOS.
Merci de nous contacter pour plus de renseignements.
1. 11/04/2012
Les permis d’explorer le sous-sol pour le stockage de CO2 dans le Nord meusien a été obtenu. Ils ont révélé un terrain propice au projet de captation de CO2. La composition géologique des couches d’argile serait en apparence idéale pour retenir ce gaz sous terre et faire en sorte qu’il ne s’échappe pas. ArcelorMittal fait dès lors monter la pression pour obtenir des financements.
2. 11/11/2011
Le ministre français de l’Energie est dernièrement venu plaider auprès de la Commission Européenne à Bruxelles la cause du projet de captage-stockage de CO2 ULCOS, prévu à l’aciérie d’ArcelorMittal de Florange. Pour financer ce projet, Arcelormittal est prêt à mettre 100 millions d’euros et demande 150 millions d’euros à l’Etat français et 250 millions d’euros à l’Union européenne. La décision de la Commission européenne est attendue mi-2012 au plus tard.
Selon le ministre français, Lakshmi Mittal et la direction générale d’ArcelorMittal « n’ont pas l’intention de fermer le site ».
3. 11/09/2011
Sidérurgie : ArcelorMittal sacrifie la filière liquide lorraine sur l’autel des profits
ArcelorMittal a dernièrement décidé d’arrêter son second haut-fourneau de Hayange-Florange, après avoir prolongé en juillet dernier l'arrêt du premier. C'est un mauvais signe pour la sidérurgie, pour l'industrie en général et la Lorraine. Car l’arrêt de l’ensemble de la filière liquide, annoncé comme provisoire, assombrit sérieusement l’avenir du site lorrain. Surtout en l’absence d’investissement. Cette nouvelle catastrophe sociale et industrielle (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2009/10/16/limmense-gachis-de-la-cokerie-de-carling/) suscite la colère, l’angoisse et l’incompréhension de tous les Lorrains.
Les hauts-fourneaux d’Hayange, les agglomérés de Rombas, ainsi que l’aciérie (500 salariés) et le packaging de Florange (600 salariés) sont donc mis en veille ou tourne au ralenti (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2010/02/18/redemarrage-du-second-haut-fourneau-de-hayange-florange/). Cette mesure vaut au moins jusque début 2012, en attendant un nouveau plan industriel. Rappelons qu’Arcelor avait déjà programmé la fin de la filière liquide chaude en Lorraine pour 2010 au début des années 2000. L’Opération Publique d’Achat hostile de Mittal en 2006 sur le leader européen avait momentanément changé la donne et offert des perspectives d’avenir aux deux derniers hauts-fourneaux de la sidérurgie lorraine. Cependant, en 2008-2009, la crise avait obligé le groupe à mettre en veilleuse le P3 pendant près de dix mois et le P6 un peu moins longtemps. Eloigné des côtes, à la différence des sites de Dunkerque et de Fos-sur-Mer, le site sidérurgique lorrain est de fait considéré comme moins compétitif.
Avec les moyens du bord et des rafistolages, les deux hauts-fourneaux avaient difficilement redémarrés, comme l’imposait alors le marché. Les chocs thermiques avaient en effet sérieusement dégradé l’outil. Les ouvriers avaient passé des nuits à décongeler des tuyaux au chalumeau sur le P6, d’où des plaques de glace tombaient par morceau entier dans le fourneau. Un véritable désastre. La soudaine faiblesse du même marché au second semestre est venue plomber Florange, handicapé par ses coûts de fonctionnement et par l’état de ses outils de production. D’ailleurs, une importante panne a dernièrement eu lieu sur la partie chargement du P6. Un problème de corrosion est d’ores et déjà avancé.
Le train à chaud et le laminoir de Florange continueront cependant à produire entre 180 000 à 200 000 tonnes d’acier plat par mois en Lorraine grâce à l’acheminement d’acier brut par train en provenance d’autres complexes industriels. Or, l’autonomie de la toute la filière liquide lorraine est considérée comme une force par ses clients, notamment par l’industrie automobile, qui estiment qu’elle est un gage d’excellence et de qualité des aciers lorrains. Par exemple, l’acier Usibord affiche des performances exceptionnelles. En 2010, l’usine lorraine en produisait 200 000 tonnes et devait atteindre les 500 000 tonnes en 2015. Alors que les clients attendent des volumes, le site n’est pas structuré, si bien que les marchés lui échappent. Par ailleurs, de source syndicale, consigne aurait été donnée aux services commerciaux de ne plus chercher de nouveaux contrats pour le second semestre. Autrement dit, tout ce qui se passe actuellement à Florange serait délibéré et organisé. Inimaginable.
Alors que la direction justifie sa décision par « l’actuel ralentissement saisonnier et les fluctuations de la demande dans certaines zones géographiques en Europe », de plus en plus de personnes dénoncent la politique spéculative d'ArcelorMittal qui vise à faire du site mosellan une véritable variable d’ajustement en fonction de la conjoncture. Au total, plus de 2 000 emplois (CDI, intérimaires et sous-traitants) sont menacés par l'arrêt des deux hauts-fourneaux. ArcelorMittal pourrait mettre en place du chômage technique, de la formation, ou transférer des salariés sur d'autres sites. Mais il est scandaleux que le gouvernement français ait autorisé les mesures de chômage partiel avant même que les instances légales et représentatives n'aient été consultées et qu'aucune contrepartie n'ait été exigée.
La Lorraine symbolise une fois de plus la faillite de la politique industrielle française. Notre territoire a en effet perdu depuis 2002 plus de 25 % de ses emplois industriels, soit 42 000 postes.
Mise en service en 1948, l’aciérie de Florange est un site intégré transformant chaque année plus de 3 millions de tonnes d’acier en fonte, fer blanc et tôles revêtues pour l’automobile, la construction et l’emballage. La structure possède une expérience et un savoir-faire indéniables.
Mais sans le moindre investissement programmé pendant cette nouvelle période d’arrêt, alors que Dunkerque tourne à plein régime et que Fos-sur-Mer finalise sa rénovation, ArcelorMittal condamne en réalité purement et simplement l’outil industriel lorrain. Le sort du P3 semble d’ores et déjà scellé. En effet, deux à trois mois de travaux préalables d’un montant de 4 à 5 millions d’euros seraient nécessaires pour le relancer. Le P6 constitue quant à lui l’ultime espoir de maintenir la filière liquide chaude à Florange. En mode ULCOS (voir : http://blefondation.e-monsite.com/rubrique,projet-ulcos,709272.html), il permettrait de produire de l’acier avec des coûts réduits de 25 %. Tout l’avenir de la filière liquide lorraine repose donc sur la décision de financer, ou non, ce projet avant-gardiste de captage et de stockage de CO2. La commission européenne doit justement rendre pour mi-2012 sa décision sur son financement (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2011/02/13/le-projet-ulcos-avance-sur-le-terrain-et-dans-les-tetes/#comments). Or, en arrêtant le second haut-fourneau lorrain, ArcelorMittal envoie un signal négatif pour ULCOS. Pire, le groupe pratiquerait du chantage : l’Union Européenne doit financer le Projet ULCOS pour qu’ArcelorMittal maintienne la filière liquide à Florange.
Il faut savoir que la sidérurgie lorraine souffre depuis les années 1970 d’un sous-investissement d’environ 30 % par rapport à la moyenne de la sidérurgie européenne, ce qui pénalise considérablement sa productivité et sa rentabilité. En conjoncture haute, ArcelorMittal fait tourner à fond ses usines lorraines, mais en investissant a minima. En conjoncture basse, il les ferme les unes après les autres au motif qu’elles sont moins rentables. Ce refus d’investir et l’imposition d’une telle flexibilité traduisent ni plus ni moins la mise en œuvre d’une politique de démantèlement de nos outils de productions. Le Groupe BLE Lorraine ne peut accepter une orientation aussi inique de la part d’une multinationale qui a puisé toute sa richesse par l’exploitation des ressources lorraines et qui enregistre encore aujourd’hui près de 2,5 milliards de dollars de bénéfices pour le seul premier trimestre 2011. ArcelorMittal se préoccupe aujourd’hui davantage de finance et de rentabilité à court terme que de l’avenir de ses outils industriels à long terme. Sa décision aurait ainsi été uniquement dictée dans le but de maintenir un prix élevé de l’acier, afin de pouvoir faire face à aux échéances financières de son endettement très important. Cela s’appelle faire de la spéculation et nous avons tous vu où cela nous menait. Depuis trente ans, les actionnaires d’hier, les De Wendel, puis ceux d’aujourd’hui, à savoir la famille Mittal, se sont enrichis avec l’acier lorrain et le travail des ouvriers. Aujourd’hui, ils ne connaissent pas la crise. Ils suppriment des emplois alors qu’ils croulent sous l’argent.
4. 08/05/2011
Projet ô combien stratégique et structurant pour l’avenir de la sidérurgie lorraine, le dossier ULCOS sera déposé lundi 9 mai à la Commission Européenne de Bruxelles. Cette dernière, après l’avoir accepté, devra ensuite le valider, sans doute courant 2012, pour confirmer son soutien financier par le biais du Fonds européen NER 300 qui atteindrait 256 millions d’euros. Ce financement, tout comme celui des collectivités territoriales, sera décisif dans la réalisation de ce projet, dont le coût estimé s’élève à 623 million d’euros. Il s’agit ainsi de créer en Lorraine le premier démonstrateur industriel de la planète d’une technologie de captage stockage du CO2, afin d’en réduire les émissions de l’ordre de 60 %.
Porté par un consortium de sidérurgistes européens, ULCOS a été initié dans les années 2000. Il mobilise depuis les chercheurs du monde entier pour améliorer les performances environnementales de cette industrie. Le chef de file du consortium est ArcelorMittal, présent en Lorraine avec le site de Florange et le centre de recherches de Maizières-lès-Metz.
A noter enfin que selon beaucoup d’observateurs, le géant mondial de l’acier investira à Florange dans la réfection de ses hauts fourneaux si et seulement si ULCOS se fait. Si tel est le cas, le haut fourneau P6 de Patural à Hayange sera mis aux normes ULCOS.
5. 18/02/2011
ArcelorMittal a comme prévu dernièrement déposé son dossier sur le Projet ULCOS. Le document détaille entre autres le financement du projet attendu sur le haut fourneau P6 à Florange-Hayange.
Outre les 110 millions d’euros de gain de productivité utilisés pour la réfection du P6, ArcelorMittal espère 9,3 millions d’euros de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, 150 millions d’euros de l’Etat français via le grand emprunt, 30 millions d’euros de la Région Lorraine et 256 millions d’euros du programme européen NER 300. Enfin, le consortium ULCOS, fort des cinq principaux producteurs, assurerait le financement du solde autour de 178 millions d’euros.
Le 9 mai, le gouvernement français déposera le dossier à Bruxelles qui décidera au premier semestre 2012 de financer ou non ce dossier vital pour la pérennité de la sidérurgie lorraine.
ArcelorMittal attend encore le feu vert dans les prochaines semaines pour son permis d’explorer le sous-sol dans la zone retenue pour stocker le CO2 dans le Nord meusien. Des recherches géologiques s’étendraient de fin 2011 à début 2013. Le sidérurgiste dit vouloir agir dans la « plus grande transparence », afin de convaincre les populations riveraines. Le P6 en mode ULCOS devrait être opérationnel en 2015.
6. 18/02/2011
Le site d’enfouissement du CO2 dans le Nord meusien reste encore à définir. Le dioxyde de carbone y sera stocké à 1 500 mètres de profondeur. Il pourrait voir le jour en 2015 ou 2016.
7. 13/02/2011
Le Projet ULCOS avance sur le terrain et dans les têtes
Le Projet ULCOS vise à créer sur le P6 de Florange-Hayange le premier haut fourneau de la planète à produire de l’acier en réduisant de près de 60 % les émissions de dioxyde de carbone (CO2). Le site lorrain pourrait alors devenir la référence mondiale de la production d’acier propre. De quoi aussi le pérenniser.
Les ingénieurs le préparent pour le passer en mode recyclage d’ici 2014. Ils profiteront de la réfection complète du haut fourneau pour le mettre en configuration ULCOS dès la fin 2013.
Le système de captage de CO2 transitera par une étape de purification du dioxyde de carbone dans une unité de cryogénie, avant de pouvoir l’injecter dans le sous-sol. Le stockage du CO2 comporte quant à lui encore un certain nombre d’inconnues. A commencer par l’obtention d’un permis d’explorer. ArcelorMittal attend une réponse des autorités administratives d’ici le printemps prochain. Il faut également que le projet soit accepté par la population du Nord meusien au moment où le département est en train de vendre son âme au diable avec l’enfouissement des déchets radioactifs français. Alors un stockage intempestif de plus, risquerait bien d’être la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Enfin, il reste à définir un cadre juridique pour l’installation du stockage.
Le financement du projet constitue un autre point important qui nécessitera d’importants soutiens publics. Le projet global de captage-stockage de la sidérurgie, avec le démonstrateur de Florange, culmine en effet à 650 millions d’euros.
Cela dit, le projet de démonstrateur de Florange dispose d’un atout non négligeable. Il est en effet le seul de l’industrie sidérurgique en lice dans l’appel à projets européen. Les autres proviennent, pour l’essentiel, de producteurs d’énergie, de la chimie et de l’industrie pétrolière.
Il faut savoir qu’ULCOS réunit un consortium de 9 sidérurgistes européens et de 48 partenaires industriels, qui assurent 60 % du financement, les 40 % restants étant à la charge de l’Union Européenne. Le budget total s’élève à 75 millions d’euros sur 6 ans. ULCOS est aussi une famille de quatre procédés, dont trois utilisent le captage-stockage, la technologie des cinquante prochaines années. Deux de ces procédés passeront par la Lorraine. Le premier est celui du CSC (Captage Stockage de CO2) avec le démonstrateur de Florange. Il en est à son tout début et ne sera déployé industriellement qu’après 2020. Le second, Ulcowin, prend racine à Maizières-lès-Metz, chez ArcelorResearch (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2010/10/28/maizieres-les-metz-a-la-pointe-de-la-rd/). Il préfigure ce que sera la société post-carbone. La production de l’acier s’effectue par électrolyse du minerai de fer, c’est-à-dire sans haut fourneau. C’est ici qu’a été construit le pilote qui est la préfiguration d’une cellule industrielle. On sépare l’oxygène du métal. ArcelorResearch travaille avec l’ENSIC (Ecole Nationale Supérieure des Industries Chimiques) de Nancy. Pour Ulcowin, il faudra attendre quinze voire vingt ans pour un déploiement industriel.
8. 09/02/2011
2011, année charnière pour le Projet ULCOS
2011 sera une année décisive pour le Projet ULCOS, qui vise à capter et à stocker le dioxyde de carbone (CO2) sur le P6 de Florange, l’un des deux hauts fourneaux d’ArcelorMittal en Loraine, afin de réduire les émissions de ce gaz de 60 %. Le dossier réclame désormais un véritable lobbying politique et un certain volontarisme des élus, dans le but de trouver des financements. Ceux-ci pourraient survenir dans le cadre de programmes européens qui pourraient atteindre jusqu’à 40 % du montant. La France devrait également y contribuer avec une enveloppe issue du programme d’investissements d’avenir et des aides régionales. Rappelons que le coût total du projet est estimé à 650 millions d’euros.
En attendant, ArcelorMittal devrait d’ores et déjà sacrifier l’investissement de 55 millions d’euros initialement annoncé des 18 moteurs à gaz (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2009/03/22/nouvel-investissement-chez-arcelormittal-florange/) destinés à brûler les gaz de hauts fourneaux depuis l’arrêt de la centrale de Richemont (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2009/04/27/un-autre-embleme-seteint/). A ce jour, un seul moteur fonctionne, mais la technologie de captage de CO2 permet d’isoler l’oxyde de carbone et de le réinjecter, détournant ainsi une grande partie des gaz. Il restera alors à réaliser l’acheminement par canalisation du CO2 vers un site de stockage situé dans le Nord meusien.
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